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À question fondamentale, réponse qui fait autorité. Plus d’une fois, l’Évangile nous le dit : c’est le Christ qui nous envoie. Et même si, aujourd’hui encore, il nous murmure : « Ouvre-toi », nous hésitons. Il nous faut du temps. Et peut-être d’autres raisons pour nous donner de l’élan.

 

Une deuxième raison alors… Si nous sommes missionnaires, c’est parce que nous croyons qu’il y a autour de nous des oreilles pour écouter. D’ailleurs, Arnaud, l’un des organisateurs de la mission Anuncio de cette année, témoignait que 90% des personnes qu’il abordait écoutaient et parfois prenaient un long temps d’échange avec lui. 5% disaient qu’ils auraient bien parlé mais n’avaient pas le temps, et 5% seulement rejetaient d’emblée toute rencontre. Bon score ! Croyons-nous que notre entourage est en attente d’écouter ce que le Christ nous envoie dire ? Et si nous sommes sceptiques, croyons-nous en tout cas que Dieu peut guérir ceux qui sont enfermés dans leur surdité ? Car c’est bien ce que fait Jésus dans l’Évangile.

 

Me vient encore une troisième raison, qui réside dans la nature même du message chrétien. Ce message est une sagesse que beaucoup recherchent intimement, celle du sens de la vie. C’est en cela très différent du monde qui offre abondamment la science et la connaissance. Le message chrétien, lui, laisse entrevoir un horizon de bonheur et révèle que la « destination finale » de l’humanité n’est pas la mort tant redoutée, mais la vie.

 

Alors la quatrième raison va de soi : on ne garde pas le trésor de cette espérance pour nous-mêmes. On le partage. Jésus délie la langue du sourd-muet. Frères et sœurs, lui, qui est la Parole de Dieu, nous fait « parler correctement », il invente nos mots ; nous disons les mots du Christ qui ouvrent au bonheur.

Et même lorsque l’annonce explicite n’est pas celle qui convient tout de suite, une cinquième raison vient encore : nous sommes missionnaires pour être simplement présents là où le monde a mal, là où la vie a besoin de renaître. Notre présence sait-elle rendre visible le Dieu de miséricorde ? Nos gestes disent-ils la liberté dont témoigne le Christ ? Je me souviens du directeur de l’entreprise où je travaillais, avant d’entrer dans la vie religieuse. Il me dit un jour : « vous incarnez des valeurs que l’on n’a pas l’habitude de voir dans ce type d’entreprise ». Puis il ajouta : « et j’aime ça ». Le monde aurait-il besoin d’un art de la présence ?

 

Et justement, il me vient une sixième raison d’être missionnaire. Au bout du compte, c’est parce que nous aimons le monde. En cela, Dieu est le modèle du missionnaire, car, dit l’Évangile, « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique », son Fils qui est sa Parole. Frères et sœurs, vous demandez-vous parfois de quelle manière vous parlez de notre monde ? Est-ce que nous ne nous inventons pas trop facilement des ennemis ? Ce qui nous met en mouvement, est-ce bien la rencontre qui conduit à l’amour ? Ce n’est pas pour défendre des idées que nous sommes missionnaires. C’est au contraire la mission qui nous rend disponibles, accessibles, nomades. Parés pour l’inconnu.

 

Frères et sœurs, une septième réponse, pour avoir un chiffre parfait… ?…Oui…

Oui, mais c’est à chacun de vous de la dire, selon vos engagements, vos rencontres et même votre prière. Chacun selon l’appel qu’il recevra de Dieu.

« Pourquoi être missionnaire ? » Ne passez pas à côté de cette question… À chacun d’apporter sa réponse, lorsque Jésus lui dit : « Ouvre-toi ! ».

 

phjaillot

 

 

 

Fr. Philippe Jaillot, op.

Aumônier du festival Anuncio

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