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Etre prêtre et missionnaire, c’est un peu la même chose. Le Seigneur nous a appelés pour l’annoncer, le donner aux hommes et aux femmes de ce temps.

Sauf que, avec Anuncio, la mission revêt une couleur un peu particulière; il s’agit de missionner dans la rue, d’arrêter le passant pour lui proposer une conversation qu’il espérait et attendait avec un enthousiasme à peine dissimulé!!!

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Et là, il est vrai, les choses changent un peu : je crois que pour un prêtre, vivre la mission de rue, c’est redécouvrir très concrètement, très charnellement cette dimension de « l’Eglise en sortie » comme François nous y invite si fréquemment.

En fait, vivre ces temps missionnaires c’est redynamiser une dimension de notre ministère que l’on pourrait parfois mettre un peu sous le boisseau, et qui consiste en l’évangélisation directe, sans attendre que les brebis viennent à nous. C’est reprendre un peu son bâton de pèlerin et assumer de manière nouvelle un commandement du Seigneur: « Allez, et de toutes les nations faites des disciples ». Je crois que cela nous fait du bien; en tout cas, je parle pour moi, cela m’oblige à une petite prise de risque dont je peux assez facilement me dispenser par paresse ou par confort. Parce que quand même, il faut bien l’avouer, sortir de nos églises pour accoster les gens et leur parler du Bon Dieu, c’est pas le mouvement de l’âme le plus spontané; ou plutôt, disons qu’il est enkysté par pas mal d’appréhensions et de censures.

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D’où la deuxième question: quelles sont les difficultés rencontrées?
Peut-être cette censure justement qui s’est insinuée dans la conscience, et qui fait que l’on se donne des milliers de bonnes raisons de ne pas ou de ne plus évangéliser en direct. Un confort pastoral, une timidité, une peur de se faire rejeter, la crainte de ne pas savoir faire, une certaine image de soi qui empêche la prise de risque. Personnellement, je vois bien que l’exercice de l’évangélisation directe m’est très difficile, un peu pour toutes les raisons invoquées. Mais, justement, en ce qui me concerne, je crois que c’est justement pour cela qu’il faut y aller. En fait, l’évangélisation nous simplifie, elle nous force à moins écouter toutes nos petites résistances intérieures, à plonger (c’est la traduction du mot baptême non?) pour laisser le mouvement plus profond, de l’amour intérieur de Jésus nous emporter dans son élan. Évangéliser, c’est apprendre à obéir au Seigneur, lui faire confiance et s’éduquer à ne pas briser l’élan de notre générosité à communiquer l’amour du Christ.
IMG-20160730-WA0017Les joies et les fruits sont nombreux; d’abord, il y a la surprise de superbes rencontres qui n’auraient jamais eu lieu sans l’audace missionnaire.
Il y a la joie de voir le Seigneur déjà à l’oeuvre dans beaucoup de coeurs, y compris chez ceux qui s’en défendent.
Il y a la joie de vivre la mission ensemble; il est toujours très beau de voir comment nous partageons les joies et les peines de l’évangélisation et je trouve que cela donne une cohésion incroyable à ceux qui y participent. Le Seigneur nous fait un peu plonger ensemble dans des sentiments très profonds où nous éprouvons tour à tour ces craintes, ces combats intérieurs, ces résistances et aussi cette joie d’une docilité à son Esprit, la joie d’annoncer ses merveilles.
L’évangélisation fait appel à des ressorts intérieurs très profonds, et vivre ces temps ensemble nous plonge dans une réelle communion. C’est toujours par l’histoire et l’aventure que le Seigneur constitue son peuple et l’édifie; et l’évangélisation, c’est quand même une sacrée histoire et une sacrée aventure !
Père Stéphane Palaz

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